Que veut-on : la guerre ou la paix ?

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On pourrait croire que j’ai « une dent » contre les entreprises de transport en commun. Il y a quelques semaines, je publiais un article sur la fresque qui donne à voir une Europe bien pâle dans les couloirs du métro de la gare Montparnasse.

C’est à présent les murs de la gare Saint Lazare, côté métro, et pire ceux de la station de métro Opéra, qui m’ont choquée, plus encore scandalisée, plus encore sidérée, immobilisée. J’en ai perdu le nord (impossible de trouver la direction Gallieni de la ligne 3 durant plusieurs minutes) et j’ai failli arriver en retard à mon RV. Mais, je vous assure, je n’ai rien contre les transports en commun, bien au contraire.

L’objet du scandale ?

Il se trouve sur un immense mur de grands escaliers de la station de métro de la gare Saint-Lazare. Je l’ai d’abord vu de loin. Je me suis dit  « qu’est-ce que c’est que cela ? » pensant que mes yeux me trompaient. J’ai regardé plus attentivement en me tournant dans l’axe de ma première vision furtive. En affichage géant, comme au cinéma, ou comme dans la vraie vie, la guerre en pleine action. Je n’en croyais pas mes yeux !

J’ai demandé à un monsieur qui attendait là, immobile, si cela ne le choquait pas, car moi si. Non, il n’avait même pas l’air de l’avoir vue.

On sait le pouvoir subliminal des images, leur impact sur nos cerveaux et nos humeurs, sur nos conditionnements et formatages intellectuels et psychologiques. On sait parallèlement que des milliers de personnes, adultes et enfants de tous âges, passent là chaque semaine, jour après jour. Et que leur donne-t-on à voir ? La guerre comme si on y était !

Ils ont fait cela aussi ?

J’ai repris mes esprits et le métro. J’ai oublié. Mais quelques minutes plus tard, arrivée à la station Opéra, je me suis dit : « ce n’est pas vrai, ils n’ont pas fait cela ! ». Eh bien si, ils l’ont fait. La totalité des murs de la station opéra est recouverte de la même affiche. Pas seulement à l’emplacement des publicités habituelles. Non, partout, jusque dans le moindre recoin. Un peu comme si nous avions tapissé la totalité de notre salle de séjour avec des images de guerre et d’hommes au combat. Quoi de plus naturel après tout ? Nous aurions bien le droit. Cela dit, à l’heure des contrôles renforcés, si cela se savait, les services de l’ordre commenceraient certainement à porter un regard soupçonneux. Guerre, armes, combat…  Apologie de la violence ? Incitation à la haine ?

Ça s’appelle le marketing aujourd’hui

Eh bien, de telles images, il est possible de les afficher, en grand, dans des espaces publics. Cela s’appelle le marketing, la publicité, le commerce ! C’est très sérieux ! L’entretien et le renouveau de nos transports en commun est à ce prix certainement. On voudrait d’ailleurs nous préparer à un état de guerre prochain, hypothétique, mais on ne sait jamais, on ne s’y prendrait pas mieux. En l’occurrence, pour ces images-là, il s’agit de la promotion d’une série américaine d’un jeu vidéo « la plus vendue de l’histoire, derrière Super Mario et Pokémon » dixit Wikipédia, et semble-t-il adepte des paradis fiscaux. Je préfère vraiment les Pokémon !

Questions aux dirigeants et décideurs

Mesdames et messieurs qui faites de tels choix commerciaux, ne pensez-vous pas que les grandes entreprises dédiées au service public (comme les autres d’ailleurs) ont une responsabilité quant à la qualité environnementale et visuelle des espaces fréquentés justement par le public ?

Ne pensez-vous pas que vous avez une responsabilité quant à l’impact de vos choix sur nos cerveaux et notre sensibilité, dans la mesure où nous sommes obligés de passer par là ?

Ne savez-vous pas que le beau génère du beau, et qu’une image de paix incite à la paix ? Et que le contraire est vrai aussi ?

A chaque fois que je passe par là, je suis choquée… et je me questionne !

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« Par là » c’est le long couloir de la station de métro « Montparnasse Bienvenue » à Paris. Depuis le 7 juillet une longue fresque célèbre les 30 ans du programme européen Erasmus.

Ce programme, qui a donc 30 ans, « consiste en un échange d’étudiants entre les différents pays ayant signé l’accord. Cela comprend les 25 pays européens, ainsi que l’Islande, la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège, la Bulgarie, la Turquie et la Roumanie. »
Ce programme est souvent jugé formidable. Il permet aux étudiants de voyager, de se rencontrer, d’apprendre autrement, de fertiliser les savoirs. Félicitation aux initiateurs de ce programme ! Jusque-là tout va bien.

Ce qui me choque ?

Sur cette longue fresque de 134 mètres de long, on voit des visages d’hommes et de femmes, les couples Erasmus, et des visages d’enfants, les enfants Erasmus. Tous visiblement heureux et souriants. Nous nous réjouissons pour eux.
Mais, c’est mon étonnement, ils sont tous blancs ! (à l’exception d’un réunionnais en début de fresque à la peau légèrement plus bronzée).

Est-ce cela l’Europe aujourd’hui ?

N’y a-t-il pas déjà, dans les lycées et les universités européennes, des étudiants à la peau café au lait, noire, ou aux yeux bridés ? Et si oui, où sont-ils sur cette fresque ?
Le ministère des affaires étrangères, allié à la RATP, et aux responsables du programme Erasmus qui ont validé cette fresque voudraient-ils nous faire passer un message subliminal autour de la couleur de la peau d’Europe ? Un message qui dirait que la vraie Europe est blanche ? Moi qui suis animée de la conviction que le métissage est l’avenir de l’humanité, je ne peux le croire. C’est un oubli, forcément, mais qui en dit long sur nos prismes déformants, nos aprioris, nos croyances profondes, les germes d’un racisme latent que nous portons en nous, et le manque d’ouverture qui est toujours notre signature lorsque nous ne faisons pas l’effort de considérer « l’autre » comme un autre « nous ».

Par curiosité et intérêt, je suis en train de lire le livre d’entretiens entre le sociologue Dominique Wolton et le Pape François. Je n’en suis qu’au début. A propos de l’Europe, le Pape François regrette que ce vieux continent soit devenue « grand-mère ». Il ajoute qu’en ce moment « elle a peur, elle se ferme ». Il la voudrait « mère » dit-il. Je suis d’accord. Une mère qui accueille tous ses enfants, issus de tous les croisements, pourvu qu’ils soient d’amour.

Qu’on se le dise !

Non seulement l’Europe est aujourd’hui multiculturelle et multiconfessionnelle, mais elle est aussi colorée. Elle est bigarrée. Elle est métissée. Cela en fait sa richesse d’aujourd’hui et de demain. Il faut le dire et l’écrire en grand et en long sur les murs des couloirs des métros et d’ailleurs, là où passent chaque jour des milliers de personnes.

***
Merci d’avoir lu ce post jusqu’au bout. Je lirai avec plaisir vos commentaires. Peut-être d’ailleurs découvrirai-je grâce à eux quelque chose qui m’a échappé dans cette fresque et dans ses intentions.

En savoir plus :

L’intelligence de la société civile

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La société civile est cet espace où se développent de multiples réseaux et mouvements citoyens et associatifs, dans tous les domaines du « vivre ensemble ». On s’y rencontre, on échange des visions et des idées, on les mets en oeuvre. La société civile est de plus en plus consciente d’elle-même. Elle est vivante car de plus en plus reliée en archipels animés. Elle est active et force de propositions.

Sa voix, où plutôt ses voix, celles des citoyens qui réfléchissent et agissent, méritent d’être davantage entendues et ses propositions mises en débat.

Pourquoi les médias, encore eux, mais également les politiques, mettent-ils autant de temps à voir qu’il y a là des propositions pour une autre voie, une autre vie, une autre économie… ?

Les dirigeants d’entreprise ont là, eux aussi, à portée de main, de multiples sources de créativité et d’innovation. Des passerelles commencent à se créer. Ce mouvement peut encore être largement accéléré, au bénéfice de tous.

Coming out spirituel : le regard d’Olivier Clerc…

Olivier Clerc est écrivain, formateur et conférencier franco-suisse. Il est surtout spécialiste du pardon et du développement personnel, et passionné de spiritualité. Il a lu Le coming out spirtuel. Voici ce qu’il écrit sur son blog

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En février 2017, Abdennour Bidar lançait une pétition intitulée « Coming out spirituel ». Dans la même lancée, ce mois de septembre 2017, les Editions Trédaniel publient le livre de Laurence Baranski qui porte quasiment le même nom « Le coming out spirituel ».

C’est un livre courageux, puisque l’auteure ose y aborder ce qu’un grand nombre d’entre nous pensons, croyons ou avons vécu… sans trop oser en parler ouvertement, par peur des conséquences. Son livre traite non seulement du sens de la vie, mais de la conscience, de la mort, des NDE, de la communication avec les mondes invisibles, des origines de l’humanité, des extra-terrestres, et j’en passe.

Un livre courageux, disais-je, parce qu’aborder ces thèmes dans la culture actuelle peut effectivement faire courir de gros risques. A l’époque de l’Inquisition, les mécréants pouvaient finir brûlés sur le bûcher ; aujourd’hui, ceux qui remettent en question les dogmes du scientisme dominant risquent d’être « grillés » dans leur vie professionnelle et privée. Le scientisme, c’est cette religion qui ne dit pas son nom, et qui a enfermé le monde moderne dans sa seule dimension visible, mesurable et objective. Le scientisme, c’est la transformation de la science véritable en dogmes indiscutables, dogmes que le célèbre biologiste Rupert Sheldrake a brillamment exposés dans son livre « Réenchanter la science » (traduction polie de « The Science Delusion », soit « L’illusion scientifique », plus explicite en anglais), ce qui lui a valu l’insigne honneur d’être censuré sur TED.com, une première mondiale…

Je précise – pour l’avoir rencontrée plusieurs fois par le passé – que Laurence Baranski n’est pas une illuminée, une « flyée » comme disent les Québécois, ni quoi que ce soit de ce genre. Elle est coach de dirigeants, elle a tout à fait les pieds sur terre et la tête sur les épaules.

Son livre et sa démarche relèvent du même esprit qui anime l’INREES et la revue Inexploré depuis 10 ans, dont les statuts disent : « s’intéresser à ces expériences que nous n’arrivons pas à expliquer et que nous qualifions d’extraordinaires, voir de “surnaturelles”, tout en conservant les deux pieds sur terre ».

De la même manière que la science véritable n’a pu naître qu’en se libérant du joug de la religion qui dominait jusque-là, le « nouveau paradigme » ne naîtra à son tour qu’en s’émancipant du carcan étroit dans lequel une certaine science a voulu enfermer la réalité, en en niant des pans entiers parmi les plus essentiels. Dans toutes les discplines scientifiques, d’éminents savants abondent d’ailleurs déjà dans ce sens, mais il reste encore beaucoup de résistance à surmonter.

Comme l’a clairement expliqué Ken Wilber (notamment dans Une brève histoire de tout), les résistances actuelles s’expliquent par une confusion entre ce qui est pré-rationnel et ce qui est post-rationnel, c’est-à-dire ce qui vient avant ou après la raison qui gouverne actuellement en maître. Le pré-rationnel était gouverné par toutes sortes de croyances, dogmes et superstitions, c’était le règne de l’obscurantisme, dont la science a dû s’extraire. Le post-rationnel, qui n’est pas le retour en arrière tant redouté mais un vrai bond en avant, va au-delà de la seule raison pour aborder le monde sensible, spirituel, invisible, mais en s’appuyant sur tous les acquis de la science et de la raison qu’il intègre et dépasse.

Le « Coming out spirituel » de Laurence Baranski est donc un livre de notre époque, totalement en phase avec les questions que nous nous posons, avec le mouvement d’éveil des consciences qui ne cesse de grossir depuis plus de 30 ans. Il ne nous invite pas à croire ceci ou ne pas croire cela. Il nous invite plutôt à ouvrir les yeux, à réfléchir, à tester, à élargir notre conscience et nos horizons, à découvrir de nombreux faits, théories, idées différents de ceux qui nous ont été imposés jusqu’ici.

Et si le monde n’était pas seulement ce qu’on nous en a dit jusqu’ici ?…

Lire l’article, et plus encore, sur le blog d’Olivier Clerc

Science et spiritualité

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Aujourd’hui, la science rencontre la spiritualité.

Le regard que nous portons sur ce que nous considérons être « le réel » et sur « l’humain » va en être bouleversé : le temps, la réalité, la vie, la mort, l’existence possible d’un mur de lumière, nos potentialités…

Tous ces sujets commencent à être requestionnés. Cette évolution est à la fois intellectuelle et sensible.

Elle est un des ingrédients indispensables à la métamorphose en cours…

La mondialisation « oui », mais quelle mondialisation ?

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Il existe une idée reçue considérablement répandue qui affirme que le peuple serait réfractaire à la mondialisation. Un idée qui sous-entend que le peuple est un peu arriéré, n’a rien compris au sens de l’histoire, et nagerait à contre-courant. Mais il me semble que « non ».

Personne n’est contre la mondialisation. Nous sommes tous, ou presque, prêts à découvrir le monde, profiter de sa beauté, de sa diversité, de son humanité et de son hospitalité au-delà des frontières de notre propre pays.

Ce contre quoi nous sommes, c’est une mondialisation qui a pour principale finalité la recherche de profits financiers toujours plus grands, par la consommation effrénée notamment, au détriments de la vie et de la nature. Ce n’est pas la même chose. Il me semble que « les peuples » ne nagent pas à contre-courant ; ils ont seulement « une envie d’autre chose ». En arrière-plan, c’est une vision politique et économique « autre » qui se dessine, une autre mondialisation, d’autres rapports humains, un autre rapport à la nature, à la propriété, à la vie et au sens que nous lui donnons, individuellement et collectivement…

Parlons politique

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Nous utilisons aujourd’hui abusivement le mot « politique ».

Dans sa définition initiale, la politique est la capacité à développer une vision et un projet avec les citoyens, au bénéfice de la vie de chacun et de tous dans la cité.

Mais nous avons substitué à cette définition initiale des visions de court terme et trop souvent des querelles intestines assorties de « petites phrases » qui ne cessent de rebondir les unes sur les autres, au fil des jours qui passent.

Les médias disent souvent, sur un ton entendu, parfois fataliste, parfois gourmand, en commentant telle ou telle joute verbale ou telle ou telle posture  : « C’est la politique ! ».  Non, ce n’est pas de la politique !

Nous méritons tous mieux, y compris celles et ceux qui sont aujourd’hui engagés en politique. Ce sujet a à voir avec ce que signifient, aujourd’hui, les mots « hiérarchie », « diriger », « exercer le pouvoir », à l’échelle de la société comme à celle des entreprises et des institutions. Il a également à voir avec la vie, la conscience et l’univers. Ce que nous en savons et leurs parts de mystère et d’inconnu qui nous échappent. La politique a à voir avec le projet que nous souhaitons pour l’humanité, sur la planète Terre.

Un souffle nouveau pourrait être en train de se lever. Il fait vibrer les mots confiance, transparence, bienveillance, et transformation, autant que conscience de nos interdépendances et coopération, et, en même temps, responsabilité, pragmatisme, et efficacité… Serait-ce possible ? Rêvons et surtout agissons !

Changement, transformation, métamorphose

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Changement, transformation, métamorphose.

Ces mots sont presque synonymes. Ils sont pourtant différents. Bien sûr, c’est une question de sémantique, de perceptions et de projections. Voici une proposition de clarification :

Le changement est le processus qui nous permet d’aller d’un état A vers un état B. Tel que nous le concevons dans les organisations humaines, ce processus est avant tout linéaire, horizontal. Il peut être orienté, voire maîtrisé. Dans l’entreprise, c’est tout l’art de la gestion de projet.

La transformation est elle aussi un processus, mais un processus plus complexe, multidimensionnel. La transformation est à la fois horizontale et verticale. Alors que le changement perturbe nos habitudes, la transformation, elle, va plus loin. Elle nous bouscule dans notre être. Elle est une opportunité de grandir à nous-mêmes.

La métamorphose, quant à elle, n’est plus seulement le passage d’un état A à un état B, ou une évolution verticale et horizontale simultanée. Elle est un changement d’état. Changement de nos habitudes et de notre être, mais aussi de nos perceptions et du regard que nous portons sur nous-mêmes et sur la vie. Elle nous fait « autre », inconnu à ce que nous savions de nous-mêmes avant elle.

La métamorphose ouvre de nouveaux possibles dans tous les domaines de la vie. Edgar Morin écrit que « la métamorphose est une révolution qui se révolutionnerait elle-même ». Et nous, pris dans le mouvement de la vie, sommes invités à lâcher prise avec l’ancien, et à accepter le nouveau en nous et autour de nous.