L’heure du saut quantique est-elle venue ?

Dans les espaces virtuels où j’aime me promener, de nombreux articles (qui parlent de santé, de spiritualité, d’économie, d’écologie, d’astrologie, d’alchimie …), nous invitent à prendre du recul et de la hauteur sur l’épidémie à laquelle les terriens sont confrontés.

J’aime ces articles qui s’élèvent au-delà du voile de pollution émotionnelle qui est très dense en certains endroits, particulièrement là où se trouvent les médias mainstream. 

Depuis déjà longtemps, nous étions nombreux à penser que notre civilisation marchait sur la tête et que nous ne pouvions plus continuer à maltraiter autant la vie et la nature, à mépriser autant l’être, au seul profit de l’avoir. 

Et si l’épidémie actuelle était véritablement l’occasion pour l’humanité de réaliser un saut quantique ? Et si nous étions réellement face aux prémices très concrets d’un changement de civilisation ? Et si nos consciences étaient vraiment prêtes à s’ouvrir, à s’élargir, à s’expanser ?

Il y a bien des manières de regarder, d’analyser et de vivre l’épidémie actuelle, due à un virus que l’on ne connaît pas, lancé dans la nature par on ne sait qui, ni pour quoi (même si de multiples théories circulent, certaines très convaincantes). 

Nous sommes actuellement dans la crise. On m’a dit qu’en écriture chinoise, le mot « crise » est une association de deux caractères, l’un signifiant « danger » et l’autre « opportunité », deux facettes d’une même réalité à la fois ombre et lumière.  J’ai recensé ci-dessous quelques-un.e.s de ces dangers et opportunités. Ce ne sont que les premières idées qui me sont venues spontanément. Chacun.e pourra compléter…

Les facettes de la crise La crise côté « Danger » La crise côté « Opportunité »
Médias (mainstream)Parlent surtout des morts98% des malades guéris (à ce jour) et invitation à prendre soin des plus faibles
SantéTouche les personnes fragilesRenforce notre immunité
ÉconomieDes laissés pour compte isolés, en marge du systèmeDe nouvelles solidarités
Écologie Avant on suffoquaitLa pollution diminue
SpiritualitéExtériorité : ne chercher les réponses qu’à l’extérieurIntériorité : chercher les réponses en soi
Énergie généréeÉnergie de peur et d’angoisseÉnergie de joie et de reconnaissance 
ConsciencePeurAmour

Quelle que soit l’évolution de l’épidémie, regardons bien la colonne « opportunité ». Et si les questions qui allaient se poser, à nous citoyens, à nos sociétés et à l’humanité étaient les suivantes : 

Qu’allons-nous faire de ces opportunités dans la durée ? 

Jusqu’où les ferons-nous grandir ?

– Autrement dit, jusqu’où allons-nous, individuellement et collectivement, aller vers et dans l’amour, la joie et la reconnaissance de la vie, l’intériorité, les nouvelles solidarités, la conscience de ce qu’est la « bonne santé », notre regard sur la guérison et sur la mort, notre capacité à vivre au présent, pas dans l’angoisse d’un futur inquiétant fantasmé. 

– Saurons-nous les faire grandir même après la crise ? 

– Saurons-nous déjouer les tentatives de récupération de ces opportunités, si tentatives il y a, avec le risque de faire redescendre notre niveau de conscience ?

– Bref, allons-nous véritablement et durablement changer de paradigme ? 

– Allons-nous nous centrer, individuellement et collectivement, sur ce qui compte vraiment pour nous et sur ce que nous voulons vraiment faire de la vie et de nos vies ? 

Le futur est entre nos mains.

Réveiller la liberté d’être et déployer nos ailes

Un jour, il n’y a pas très longtemps, je corrigeais avec des consœurs et confrères, des copies d’étudiants d’une université réputée. Le thème dont les étudiants devaient parler : les soft skills, plus particulièrement l’estime de soi, la confiance en soi, les relations aux autres…

Certains étudiants s’étaient pliés à l’exercice avec plus de distance, sans véritablement se livrer, en gardant un ton conformiste. Mais la majorité s’était dévoilée. Et, copie après copie, ils soulevaient devant nous le voile de leurs états d’âme et de leurs états d’être. C’est en cela que cette séance de correction, que nous avions cru au départ être une simple formalité, est devenue pour nous une leçon de vie et un éclairage sur ce qui d’habitude n’est pas vu et n’est pas dit.

Ces étudiants et étudiantes voulaient-ils et voulaient-elles devenir demain des gestionnaires et financiers, salariés dans une entreprise ? Pour la grande majorité d’entre eux, non. Ils auraient aimé faire un tout autre métier, une toute autre activité, s’adonner à leur passion, qu’elle relève du sport, de l’art, de la musique, de la danse, de la cuisine ou encore du voyage et de la rencontre avec d’autres, ailleurs dans le monde.

Mais ils n’avaient pas fait ce choix de la passion, écrivaient-ils. Ils avaient fait le choix de la raison. Cela parce qu’ils ne voyaient pas comment il aurait pu en être autrement, ou pour ne pas trahir les projections et les rêves de leurs parents qui, pour certains, avaient fait des efforts financiers considérables pour leur permettre de se trouver là, ou encore par loyauté à leur culture sociale et aux schémas familiaux. Leur route était tracée depuis longtemps. Ils l’avaient accepté, même s’ils savaient que cela ne les rendrait pas heureux. Ils avaient fait un choix triste, ils le savaient, ils l’écrivaient. En conscience, avec une grande lucidité pour beaucoup d’entre eux, ils avaient renoncé à leurs rêves. C’étaient difficile soulignaient certains, mais c’était ainsi. Devions-nous nous inquiéter, demandait une étudiante, de cette forme de cynisme et de dépression grandissante qu’elle exprimait ? Non, répondait-elle elle-même. Elle assumait, car la vie est ainsi. Elle nous rassurait, nous qui étions totalement bouleversés par ces récits de vie que nous découvrions, conscients qu’au moment même où nous les lisions, il y avait quelque part, non loin de nous, des étudiantes et des étudiants qui avaient fait le choix de renoncer à leurs rêves et qui avaient accepté de plonger dans l’océan normalisé de la compétition acharnée, puisque tel était le modèle proposé.

Je n’ai pu m’empêcher d’avoir une vision à la lecture de ces copies, celle d’êtres humains, tout jeunes adultes, presque encore adolescents, qui repliaient progressivement et volontairement leurs ailes de lumière, renonçant par là-même en leur envol, pour venir s’enfermer, pas à pas et disciplinés, dans les tunnels et les couloirs sombres d’une future vie professionnelle totalement formatée. L’université apparaissait comme le sas exigeant qui les préparaient à cet avenir fermé.

Bien sûr, et heureusement, il y a des étudiants heureux.

C’est parce que je crois profondément qu’il nous appartient de nous donner l’autorisation de déployer nos ailes que j’aurai un très grand plaisir à co-animer avec Stéphanie Honoré et une équipe du Forum104 une journée sur le thème « Spiritualité et société » le 17 novembre, au Forum 104.
Information et inscription

Nous avons besoin d’ontologie

Ontologique : qui concerne l’ontologie.

Ontologie : qui relève de l’être, théorie de l’être.

Opposé : ontique, qui se rapporte aux objets déterminés du monde. 

Ontologique : je connaissais ce mot, puis je l’ai perdu. Je l’ai retrouvé il y a quelques années. J’ai alors réalisé que mon approche relevait de l’ontologie, en d’autres termes de l’intégration, dans nos pratiques, des ressentis, du sensible, et du sens de la vie ; l’intégration de l’invisible qui nous entoure et qui vit en nous, qui fait que nous nous sentons en vie, que nous sommes en vie.

La culture dominante est ontique. Mais nos aspirations profondes sont ontologiques. Nous avons besoin d’ontologie.

Nous avons besoin d’ontologie.

Notre monde, nos sociétés, notre civilisation occidentale et nos vies en ont besoin. Car la seule approche centrée sur les objets, la matière et ce que nous contrôlons, nous coupe de nous-mêmes, et coupe l’humanité d’une partie d’elle-même. Cela la met en danger, et cela ne nous rend pas heureux.

Nous recherchons toutes et tous le bonheur. Il est ontologique.

La mort n’est pas la fin

Deux couvertures… mais un même contenu. A gauche la version française de mon dernier livre, paru chez Flammarion en février 2019. A droite, la version québécoise, édité chez Edito, en avril 2019. Je suis heureuse de cette traversée de l’Atlantique !

Parler de la mort, c’est parler de la vie. C’est aussi parler de la conscience, cette grande inconnue. Qu’en savons-nous ? Très peu de chose encore. 

Un débat agite actuellement la communauté scientifique.

Nous avons d’un côté le courant historique, le plus important, qui affirme que tout, y compris la vie, naît à partir de la matière. Pour ce courant, la conscience est une émergence du cerveau. Pas de cerveau, pas de conscience.

De l’autre côté se trouve un courant récent, qui se qualifie de post-matérialiste. Les scientifiques qui en font partie posent l’hypothèse, notamment au vu de l’étude des phénomènes de mort provisoire et de médiumnité, que la conscience, ou « esprit », perdure après notre mort physique et même existait avant. En fait, nous baignerions dans un champ de conscience, hors du temps. Là se trouve notre véritable nature. Une main tendue vers les spiritualités universelles, dites de sagesse, qui depuis toujours nous invitent à la recherche de ce moi éternel, qui devient alors le Soi…

« La mort n’est pas la fin » est à la fois un voyage et un guide sur ces chemins des perceptions multidimensionnelles et de quête de soi… Une échappée de l’autre côté du voile, au-delà du mur de lumière, là où tout va plus vite que la vitesse de la lumière… 

Je vous souhaite une belle lecture, si le coeur vous en dit. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions, de vos propres expériences, de vos témoignages…

Produire du sens, autrement

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Le courant de « l’autrement »

Je fais partie de ce courant de personnes qui depuis quelques années et même quelques décennies fait la promotion de « l’autrement » :

  • penser et agir ensemble autrement, de manière plus simple et plus pragmatique, depuis le sol et non pas hors sol,
  • produire autrement, dans le respect de l’environnement, de la nature et de ses cycles,
  • travailler autrement, en recherchant l’efficacité à travers la raison d’être de notre travail et le respect de nos valeurs, à contre-courant de la culture du paraître, de l’image, du toujours plus et de l’avoir.

Nous sommes nombreux à faire partie de ce courant, et nombreux sont celles et ceux qui le rejoignent, ou y aspirent.

Pourtant, que constate-t-on ?

Secteur privé, secteur public : le même non-sens

Dans le secteur privé, les décisions dites stratégiques qui vont entrainer des changements conséquents au niveau des organisations et des équipes, apparaissent aujourd’hui motivées par le seul désir de gagner une partie de Monopoly déshumanisée, une partie semble-t-il jouissive pour celles et ceux qui sont autour de la table en train de compter frénétiquement leur capital et d’en mesurer la croissance.

Entasser les billets reste la finalité recherchée, en dépit des discours humanistes ou écologiques énoncés qui ne sont qu’un vernis factice qui ne berne plus personne, même si, trop souvent, nous aimerions encore y croire.

Dans le secteur public, les exigences affichées – et certainement légitimes -, d’efficacité et de nécessaire réduction des coûts sont malheureusement trop souvent déclinés dans les organisations en dépit de tout bon sens, au mépris de ce qui a fait la richesse du secteur public : la recherche de la valorisation du bien commun au bénéfice de l’accroissement de la culture, de l’intelligence, ou encore de la qualité de vie pour tous.

L’accroissement du mal-être et du non-sens

Ainsi va la vie de nos entreprises et organisations.

Elles sont actuellement victimes d’une frénésie d’agitation qui produit chaque jour un peu plus de non-sens et de mal-être que l’on tente de rafistoler par des programmes de bien-être au travail. Ces programmes produisent certes des réussites et des victoires humaines, heureusement. Mais ces réussites sont marginales et semblent si fragiles face au tsunami de l’argent roi et de la rationalité économique et financière érigés en seule finalité.

Certes, l’émergence des entreprises libérées, humanistes, holocrates, solidaires… nous laissent aujourd’hui entrevoir d’autres futurs possibles, encore embryonnaires, mais heureusement porteurs d’un espoir salvateur.

Des personnes et des équipes déstabilisées et touchées au cœur

Pour l’heure, dans nos entreprises et organisations, ce sont les personnes qui payent les pots cassés.

En tant que coach et conseil en conduite du changement, j’admire l’implication de chacun pour atteindre au mieux les objectifs, pour délivrer des services ou des produits de qualité. L’engagement professionnel est réel. La conscience professionnelle domine. La raison en est simple : créer ensemble une œuvre collective, belle et utile, est une source d’estime de soi et de plaisir. Cela donne du sens à notre travail et à nos vies. Nous avons besoin de ce sens. Alors nous le produisons ensemble.

Pour autant, l’incohérence de plus en plus flagrante des décisions prises en haut lieu, dans des instances de gouvernance totalement déconnectées de la réalité vécue, dans les comités de direction, comex et autres conseils d’administration, agit comme une flèche qui vient toucher « les travailleurs » au cœur.

Cette incohérence décisionnelle, au nom de pseudo nécessités stratégiques et de ce qu’on appelle le progrès, entraine la négation des efforts intellectuels, créatifs et humains déployés au plus près de l’activité. Cette incohérence décisionnelle est une insulte à l’intelligence rationnelle, relationnelle et émotionnelle produite pour atteindre les objectifs qui étaient fixés, et qui soudainement sont radicalement modifiés.

La résilience professionnelle

Pourtant, je le constate avec admiration à l’occasion de mes accompagnements : même lorsqu’elles sont stoppées en plein vol par des projectiles vraiment inattendus et imprévisibles, les personnes et les équipes se relèvent. Elles se remotivent et repartent.

Le monde est perturbé, trop souvent insensé ? Les décisions apparaissent incohérentes ? Qu’à cela ne tienne. Nous ré-inventons au niveau local de belles histoires que nous mettons en scène et que nous incarnons ensemble. Nous re-créons notre film, un film porteur de sens, générateur de créativité, et alimenté par une nourriture humaine vitale.

J’admire réellement la capacité de résilience et de remobilisation dont les dirigeants sincèrement impliqués dans le « faire » (ils restent nombreux), les managers conscients de leur responsabilité (nombreux également), et les collaborateurs investis (la très grande majorité) font preuve sur le terrain.  Il y a là une nouvelle manière de produire autrement du sens.

Trouver et produire du sens autrement

Le monde est agité. Il perd la tête à bien des égards. Mais c‘est ainsi, nous ne pouvons pas le changer, nous ne pouvons que nous changer nous-mêmes. Alors, localement, nous avons la responsabilité de faire, penser, ressentir, et dire les choses autrement. Nous avons la responsabilité de produire du sens à notre niveau.

Bravo à toutes celles et ceux qui, contre vents et marées, permettent ainsi au monde d’avancer et qui, mine de rien, construisent des digues, résistent concrètement aux vagues d’incohérence, permettent de vivre de superbes aventures humaines, et inventent au quotidien, sur le terrain, de nouveaux modèles managériaux.

De nombreux penseurs ont dit que le changement viendrait de petits groupes. Ces groupes, ces équipes, ces collaborateurs résilients préparent le véritable changement, celui de la production de sens qui prend sa source dans la réalité de nos vies et de nos expériences vécues.