Aimer pour transformer

Je partage en ce moment sur ma page FB (pas sur linkedin, réseau qui j’ai l’impression se prête moins à ce type de messages… j’ai l’impression, mais peut-être pas… ) des posts dans lesquels j’invite (et je m’invite en même temps) à élever nos vibrations et à aimer, aimer, aimer. Merci pour les « like » et commentaires que je reçois.

Souvent, lorsqu’on en appelle à l’amour, c’est qu’on a besoin d’être aimé soi-même. C’est pareil pour l’appel à la justice, ou à la fraternité, ou à la générosité. C’est souvent parce qu’on a besoin de justice, ou de fraternité, ou de générosité. Parce qu’on a une blessure à soigner de ce côté-là.

Vous savez, ceci en vertu de ce qui semble être une loi d’incarnation : ce que je dis ou fais, est en fait ce dont j’ai besoin pour moi-même ; ce que je dis aux autres ou fais pour les autres est ce que j’ai besoin de recevoir ou, surtout, de me donner à moi-même.

.J’ai constaté cela chez moi et chez les autres : lorsqu’on parle d’un sujet, souvent ce n’est pas parce qu’on « sait super bien faire » avec ce sujet. C’est qu’on est en quête existentielle sur ce sujet. C’est que ce sujet est un noeud intérieur à résoudre. Comme par exemple une personne qui parlera de pouvoir partagé, mais qui aura en fait intérieurement un problème de partage de pouvoir à régler. Ou une personne qui fera de la générosité son cheval de bataille, alors qu’elle aura un problème à régler avec « donner ».

Nous sommes tellement attendrissants, nous les humains. Attendrissants car derrière toutes nos activités, absolument toutes, que nous en soyons conscients ou pas, ce que nous faisons de plus essentiel est de nous aider à dépasser, grâce aux autres, nos difficultés intérieures. Nous sommes attendrissants tellement nous avons besoin de cette bienveillance réciproque pour grandir en conscience et entrer dans la paix intérieure, et donc, si nous y parvenons, dans la paix extérieure.

Puis il arrive un jour dans la vie, sur son propre chemin initiatique, où on a compris que la demande que l’on formulait vers l’extérieur, les vérités que l’on communiquait vers l’extérieur, sont en fait une demande que l’on se faisait de soi envers soi, un message que l’on se donnait à soi-même. Alors on devient capable d’entendre pour soi-même l’enseignement, et on devient capable d’y répondre pour soi-même. Souvent, on continue de faire et de dire comme avant les vérités qui font sens pour nous. Mais on sait à présent que le processus d’amour et de douceur est avant tout intérieur, de soi vers soi, de son âme vers son enfant intérieur, en passant par cette partie de nous, incarnée, qui vit l’expérience terrestre comme elle peut et sans véritablement comprendre tout de ce qui lui arrive. Que ces parties-là de nous-mêmes méritent notre amour et notre fierté, où que l’on en soit sur le chemin de l’évolution ! En réalité, nous en sommes toutes et tous au même endroit : celui de l’éveil à soi, à l’amour et à la vie.

Mais bref, je m’égare car ce n’est pas du tout ce que je voulais dire aujourd’hui !

En fait, si j’appelle à élever nos vibrations d’amour, comme d’autres le font, comme beaucoup d’autres, comme vous le faites aussi peut-être, c’est parce que je ressens de plus en plus l’importance de mettre en action notre pouvoir vibratoire.

Vous savez, comme lorsqu’on s’expanse… Vous ressentez peut-être cela en méditation ou via d’autres pratiques spirituelles…. On sent que nos corps énergétiques s’ouvrent, s’épanouissent comme une fleur qui déploie ses pétales. Ou encore, on se sent grandir, on sent que notre conscience a pris de la hauteur, nos yeux intérieurs s’ouvrent et l’invisible devient visible, l’immatériel devient palpable, un sourire envahit l’espace et toutes nos cellules sont en joie….

A chaque fois que nous nous expansons ainsi, nous émettons des vibrations tout autour de nous. Ces vibrations ont véritablement le pouvoir de dissoudre tout ce qui nous alourdit, toute la couche de pollution émotionnelle qui nous étouffe individuellement et collectivement. C’est comme si des rayons du soleil partaient de nous et transperçaient, puis transmutaient, tous les nuages autour. C’est spirituel, c’est physique, c’est scientifique, c’est énergétique, c’est vibratoire, c’est fréquentiel. Lorsque nous faisons cela, nous éclairons notre monde et le monde. Cela fonctionne aussi sans méditation, mais à chaque fois que nous ouvrons notre coeur, à chaque fois que nous aimons.

C’est pour cela qu’il est important de continuer à nous expanser et à laisser partir ces rayons de soleil depuis notre coeur, depuis notre centrale intérieure d’amour. Et si au passage, en plus, cela vient réparer, adoucir et soigner notre propre besoin d’amour, de fraternité, de générosité, notre rapport au pouvoir, et nous apprend à donner-recevoir, c’est tant mieux !

Lorsque nous aimons, nous transmuttons véritablement le brouillard. Nous ouvrons l’horizon. Nous créons le futur. Nous préparons le terrain sur lequel nos rêves vont venir transformer le réel. Nous laissons l’amour se révéler. Oh, que les consciences tout autour se réjouissent ! Que nos consciences supérieures aussi !

Merci de m’avoir lue.

Laurence

Bilan personnel

En fin d’année, je fais toujours mon bilan, et je projette mes rêves pour l’année à venir. Je faisais ce matin le point sur mes livres, et je suis remontée un peu plus loin dans le temps.

En 2016, il y a eu « J’ai fait trois fois le tour de la Terre. Réveiller les feux sacrés de la Connaissance« , une trilogie de 740 pages publiée en auto-édition ; avec une amie nous avions créé Lahnat Editions, une lumineuse aventure. Et un voyage aux frontières de la connaissance historique, scientifique, mythique, spirituelle. Un pas vers l’extérieur de la matrice ; il fallait que j’écrive ce livre et que je le propose, c’était incontournable pour moi.

En 2017, l’écriture de « Le coming out spirituel » s’est imposée. Des rayons de lumière sont arrivés jusqu’à moi, clairs, précis, comme si chacun d’eux était un chapitre. C’était limpide dans mon expérience, et sans appel : il existe une autre réalité que celle qu’on nous impose ou nous propose, et il est important de le dire et de la partager.

En 2018, J’ai posé les mots de « La mort n’est pas la fin« , édité en France et repris au Québec. Un signe de reconnaissance qui m’a touchée. Pour ce livre, j’ai été accompagnée de 2 amis décédés, avec une sorte de puits de lumière au-dessus de moi qui remontait très haut, jusqu’aux espaces les plus accessibles à ma conscience supérieure. Gratitude envers les êtres qui ont veillé et m’ont aidée à ce que l’énergie sacrée soit respectée, je le souhaite du fond du coeur.

Au printemps 2019, j’ai eu un passage à vide, pas inquiétant, mais l’idée m’est venue d’écrire ce que je pourrais dire de mieux sur le changement de société en intégrant la conscience et la spiritualité, au cas où tout s’arrêterait. « Oser l’invisible« , publié en 2020, est né comme une évidence. La vie, c’est le lien, le souffle, l’amour et il est possible de créer une société à partir de là. C’est en réalité la seule voie.

Mon dernier né, « Le rêve de Réto« , a déjà 20 ans. Il attendait sagement son heure, l’heure du rêve qui devient réalité, celle de la Terre qui réalise le Grand Passage, celle de l’humanité qui s’éveille.

Et la suite ?

Au printemps 2019, juste après « Oser l’invisible« , et toujours avec cette idée que tout pourrait s’arrêter, j’ai écrit « Bienvenue au Grand Conseil intergalactique« , en hommage à nos amis galactiques qui veillent eux aussi, rebaptisé « 33 lois spirituelles pour se repérer sur le chemin de l’éveil« . Un livre qui parle de la Connaissance et de l’alchimie véritable, la nôtre, intérieure. Un manuscrit qui n’a pas encore trouvé son point de chute. Peut-être pour 2021, j’en fais le voeux. Et d’autres projets, peut-être…

Un grand merci à mes lecteurs et lectrices pour ces partages par livres interposés.

Un grand merci également à mes éditeurs qui me font confiance et m’aident à porter au-delà de moi ce qui m’anime : contribuer à l’ouverture de nos consciences et de nos coeurs.

La Connaissance est Amour, l’Amour est Connaissance. Et cela m’empêche en rien le pragmatisme et l’efficacité ! Au contraire, cela les redéfinit, et leur donne de l’ampleur et du sens.

Le rêve de Réto, un récit initiatique

Le Rêve de Réto sortira officiellement le 7 décembre 2020. Il est possible de le commander dès à présent sur le site de l’éditeur Libre2lire.

Trop heureuse de partager avec vous ce récit initiatique qui est aussi mon rêve de vie.

Interview

Laurence Baranski, qui êtes-vous ?

Professionnellement, je suis coach et consultante. J’accompagne des dirigeants et des équipes dans leurs projets d’évolution et de changement. Mais je préfère dire que je suis une « chercheuse-citoyenne ». Depuis que je suis petite, deux questions m’animent : « qui suis-je ? » et « quel est ce monde dans lequel je suis née ? ». Ces deux questions ont guidé ma vie, intérieure et extérieure, et continuent de me guider.

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

L’écriture est entrée dans ma vie alors que j’avais 36 ans, après une expérience de sortie hors du corps. Je me suis retrouvée dans un espace infiniment lumineux. Une sensation d’évidence vibrait en moi et autour de moi. Elle disait : « Tout est amour, tout est lumière dans ce monde ».

Tout de suite après cette expérience, je me suis mise à écrire en 7 jours et 7 nuits (en dormant très peu) un manuscrit autobiographique que j’ai intitulé « Quatre saison vers la lumière » (j’avais 36 ans, et je venais de vivre 4 saisons de 9 ans avant cette expérience qui me faisait entrer dans la lumière). Les mots venaient tout seuls, et très vite. J’ai réalisé que la vie, toute vie, est un parcours initiatique.

Depuis, j’ai publié une douzaine de livres, parfois à deux, parfois en coordination, ou seule. Dans ce dernier cas, et surtout pour mes derniers livres qui parlent de spiritualité et de conscience, ils s’imposent à moi. Je les écris très vite. C’est un peu comme si je « sortais un pain du four ». Mais ce n’est pas de l’écriture automatique. Je pense que c’est le résultat d’une longue maturation liée à mes recherche personnelles, intellectuelles, et expérientielles, qui à un moment donné ont besoin de naître, de s’incarner.

C’est ainsi que j’ai écrit Le rêve de Réto, dans cet élan d’inspiration toujours assortie d’une grande joie. Je voyais les mots, les scènes, et elles s’écrivaient sur l’écran de l’ordinateur. Le livre était là, en moi. Je l’ai mis en mots.

Que souhaitez-vous que vos lecteurs ressentent ?

Le Rêve de Réto est un livre très particulier pour moi. Je l’ai écrit en 2001, peu de temps après ce que j’appelle mon expérience mystique. Je m’en souviens, j’étais infiniment heureuse en l’écrivant et je serais heureuse de partager cette joie, que cela se ressente. Partager la joie, l’espoir, et notre merveilleuse puissance d’êtres humains.

Durant toutes ces années, j’ai envoyé ce manuscrit à quelques amis et à de très nombreux éditeurs qui, en dépit de retours parfois enthousiastes, l’ont refusé. Un immense merci à Olivier Dukers, au comité de lecture et à toute l’équipe de Libre2lire d’avoir aimé ce rêve au point de l’éditer. J’en suis émerveillée.

Ce rêve de Réto est mon rêve, d’une certaine manière mon rêve de vie. D’autant plus, cela m’est revenu grâce au travail d’expansion de conscience que j’ai fait, qu’il date de mon enfance. J’ai rêvé, et je dirais même j’ai vécu, cette histoire alors que j’avais 5/6 ans. Oui, j’aimerais vraiment partager le rêve que sous-tend ce manuscrit.

Comme le dit « l’homme » qui est un des personnages du récit : c’est « un rêve pour la Terre. Mélange de raison et d’intuition, d’amour et de curiosité. Un rêve en création qui, rejoignant d’autres rêves de vie, mettrait en mouvement l’humanité pour aller plus loin, vers un ailleurs riche de sa diversité… »

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Je crois que je vis de plus en plus dans les livres et les mots écrits !

Je viens de publier « Oser l’invisible. Aux véritables sources de la performance durable » aux éditions Chronique Sociale. C’est un livre qui réaffirme une idée qui m’est chère : il ne peut y avoir de transformation collective, sociale, sans transformation personnelle. L’intériorité et l’extériorité agissent ensemble.

J’espère par ailleurs trouver un éditeur pour un manuscrit que j’ai écrit en 2019, toujours sous le coup de cette inspiration joyeuse que j’évoquais, qui reprend mes expériences spirituelles, holistiques, et les enseignements initiatiques qui m’ont été donnés ces dernières années. Ce manuscrit s’intitule «33 lois spirituelles pour se repérer sur le chemin de l’éveil». Le titre initial était « Bienvenue au grand conseil intergalactique » car nos amis galactiques sont très importants pour moi. Mais l’éditeur, qui pourrait être intéressé, a pensé que ce n’était pas forcément assez parlant pour tout le monde.

Actuellement j’accompagne deux auteurs dans la rédaction de leurs ouvrages, sur des thèmes passionnants qui me propulsent au-delà du temps terrestre, dans les champs élargis de la conscience et de l’esprit. Et j’imagine, j’espère, qu’ensuite de nouveaux livres s’imposeront à moi, comme un souffle de mon âme qui me dira « il est l’heure d’écrire cela… ». Mais je ne sais pas encore quoi !

Un dernier mot pour vos lecteurs ?

Un dernier mot ? Je fais partie des personnes qui pensent que l’humanité est à l’aube d’un grand réveil, d’un éveil des consciences, d’un élargissement de notre champ de compréhension, de vision et de perception de la vie. Cet éveil ne peut prendre appui que sur notre cœur, sur l’ouverture de notre cœur. C’est le message principal du Rêve de Réto. Je serais infiniment heureuse de partager cette «belle pensée» et de la faire grandir avec vous. Quel est le sens de la vie en réalité, si ce n’est l’apprentissage et l’expansion de l’amour ?

Lire le dossier de presse et commander le livre chez l’éditeur Libre2Lire

…si puissamment que nous donnons naissance à une nouvelle réalité

Un voile recouvre nos yeux et nous enveloppe.

J’appelle ce voile « la couche de pollution émotionnelle ».

Ce voile est fait de projections et d’émotions, les nôtres.

Il y a très longtemps que ce voile est là, au-dessus de nous et autour de nous.

Nous avons longtemps pensé qu’il s’agissait d’une protection confortable qui nous permettait de nous affirmer et de dire « Moi ».

Mais en ce moment, ce voile se densifie chaque jour un peu plus, si bien que nous pouvons avoir la sensation qu’il nous englue, qu’il nous étouffe, et nous épuise.

Il devient bien plus insupportable que la couche de pollution écologique que nous avons reléguée loin à l’arrière-plan.

Nous nous sentons impuissants, oubliant que nous avons nous-mêmes produit ce voile.

Nous disons « On nous maltraite, on nous enserre ».

A tel point qu’il peut nous arriver d’avoir envie de baisser les bras, de nous endormir pour oublier, pour ne plus ressentir l’oppression.

Tout est-il perdu ?

Serait-il possible que nous en arrivions à sacrifier notre vitalité, nos espoirs, et notre joie tant celle-ci ne trouve plus d’espace pour s’exprimer et pour être partagée ?

Où trouver la force de continuer à rêver, à imaginer, à croire, à aimer ?

Notre âme, cette part intemporelle de nous où naissent nos plus belles espérances, nous aurait-elle abandonnés, nous laissant nous étioler, déconnectés ?

Mais est-ce elle qui nous a abandonnés, ou nous qui nous mettons à l’oublier ?

Que nous dit-elle en ce moment ?

« Je suis là »

« Je suis toujours là »

« Ne m’oublie pas »

« Je suis le soleil qui brille et réchauffe même la nuit lorsque tu ne le vois pas »

« Je suis l’espace de ta lumière »

« Je suis ta mémoire éternelle »

« Je suis la sœur de ton cœur vibrant et aimant »

« Je ne me suis pas déconnectée »

« C’est toi qui es en train de m’oublier »

« Souviens-toi, si tu te relies à moi, tout redevient possible »

« Ensemble, nous transcendons l’espace et le temps »

« Ensemble nous transformons la peur en amour »

« Ensemble, nous dissolvons les voiles d’illusion »

« Ensemble, nous devenons des magiciens et des magiciennes »

« Tu le sais au fond de toi, souviens-toi. Je t’attends. Nous t’attendons, car ici, nous sommes toutes et tous reliés, en connexion, unifiés. »

« Souviens-toi. Je t’attends ».

Et c’est alors que nous nous rappelons que nous savons nous libérer de nos illusions.

Nous avons toujours su le faire, cette connaissance est en nous, comme un savoir oublié.

Il est l’heure de nous rappeler que nous sommes les créateurs de notre réalité.

Et si nous allons chercher suffisamment haut dans nos vibrations, assez profondément dans le cœur de notre cœur, nous pouvons transmuter ce qui nous emprisonne.

Nous pouvons nous libérer.

Nous pouvons rêver et aimer, si puissamment que nous donnons naissance à une nouvelle réalité.

Oser l’invisible

Mon dernier livre est disponible sur le site de l’éditeur, Chronique sociale, et dans toutes les libraires.

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L’épilogue de « Oser l’invisible »

Aussi loin que je me souvienne, je me suis interrogée sur la vie et son sens. Petite, je me demandais : « Mais c’est quoi la vie ? » Ou encore, face à la solitude, la violence ou la tristesse que j’observais autour de moi : « Mais pourquoi les adultes sont-ils comme ca ? »

J’avais 36 ans lorsque j’ai vécu une expérience de sortie hors du corps. Cette expérience d’expansion de conscience m’a fait entrer dans une autre réalité que la réalité matérielle. Cette autre réalité ne relevait plus seulement d’une intuition ou d’un ressenti diffus qui m’avait habitée jusque-là. Elle devenait réelle, étonnante, et surtout faite de lumière et d’amour. Cette expérience m’a ouvert de nouvelles perspectives sur ce qu’était la vie sur Terre qui m’apparut dès lors comme un cheminement initiatique à la rencontre de soi-même et de sa propre essence. C’était devenu une évidence.

À l’époque, un ami journaliste scientifique, auquel j’avais raconté mon expérience, m’avait mise en garde. Son conseil était de passer cette expérience sous silence dans ma vie professionnelle, sous peine, selon son expression, « de me griller à tout jamais dans le métier ». J’étais consultante en ressources humaines et stratégie sociale à l’époque.

Un psychologue réputé, auquel je m’étais confiée, m’avait quant à lui encouragée à profiter de mon expérience à titre personnel, mais il avait dans le même temps ajouté que, selon lui, il resterait toujours un tabou en ce qui concernait l’être humain.

Quelques mois plus tard, je l’ai raconté dans les pages qui précèdent, un scientifique réputé a renoncé à préfacer un de mes ouvrages qui traitait de management et de changement, car j’y parlais de spiritualité. En tant que scientifique il ne pouvait pas, m’avait-il dit, cautionner ce sujet. Le thème ne représentait pourtant que quelques pages sur près de quatre cents.

Peu de temps après, j’évoquais avec un consultant en management, inspirateur de nombreux dirigeants, la nécessité selon moi de décloisonner nos institutions et nos entreprises, et de créer des passerelles, pour laisser l’intelligence et les savoirs circuler. C’était, me semblait-il, une nécessité vitale à l’échelle de la société. « On ne peut pas décloisonner à ce point, ce n’est pas possible » m’avait-il objecté.

Quelques années passèrent durant lesquelles j’ai poursuivi mes explorations. J’ai continué à croire aux bénéfices de la transversalité et du décloisonnement dans nos organisations, et à les promouvoir. J’ai également continué d’affirmer le rôle central qu’y tiennent les relations humaines. Je me suis parallèlement formée à certaines pratiques d’expansion de conscience, j’ai progressé sur les voies ouvertes par les enseignements des Traditions de sagesse, et j’ai appris à laisser mon extra-sensorialité s’exprimer.

Je travaillais occasionnellement avec un psychologue qui consacra, avec talent, sa vie et son énergie à faire évoluer l’éducation des enfants pour y laisser entrer plus de vie, de psychologie et de motivation. Un jour, alors que j’évoquais avec lui l’importance selon moi de sensibiliser les humains, et notamment les jeunes, aux dimensions sensibles et subtiles de nous-mêmes, au-delà de la matérialité, dimensions que nous pouvons toutes et tous ressentir si nous le souhaitons, il me dit : « Mais ça, c’est mystique, c’est autre chose. Ce que nous faisons est concret. » Pour moi, ce n’était pas autre chose.

Je me suis heurtée toutes ces années à bien d’autres barrières psychologiques, culturelles et conventionnelles, qui m’empêchaient de questionner ouvertement, dans l’espace public, l’invisible dont le monde qui nous entoure, tout comme le vivant et nous-mêmes, sommes faits.

Mais les temps changent. Vingt ans après, les dirigeants des grandes entreprises partent en retraites spirituelles. Les scientifiques nous parlent du pouvoir de l’esprit, et nous disent que nos émotions et nos intentions sont capables d’agir sur la matière. Ils nous disent également, rejoignant par là même les traditions spirituelles qui l’enseignent depuis toujours, que rien n’est séparé, mais au contraire que tout est relié. Le cloisonnement est une invention des humains, décloisonner ne tient qu’à nous. Quant à la médecine, elle se fait de plus en plus quantique et énergétique. Et les enfants, eux, méditent à l’école.

C’est indéniable, il se passe quelque chose : nous sommes en train de nous ouvrir au sensible, au subtil, à l’immatériel, et à l’invisible. Nous cherchons, ailleurs que dans le savoir académique, dans le pouvoir et dans l’avoir, le sens de nos vies.

Les demandes des dirigeants, managers ou acteurs politiques que je rencontre aujourd’hui ont un point commun. Il s’agit pour eux de s’autoriser à se réapproprier pleinement leur potentiel, y compris spirituel. Ils veulent se sentir alignés, en cohérence avec eux-mêmes, avec leurs rêves, leurs aspirations et leurs valeurs profondes, dans toutes leurs dimensions. Il ne s’agit pas de nier la réalité physique, intellectuelle, et émotionnelle. Mais de la rendre plus vaste. Pour eux-mêmes avant tout bien sûr. Mais aussi pour le collectif, afin d’agir plus consciemment, dans le respect de la vie, de ses équilibres, de ses lois naturelles.

On pourrait se dire qu’il s’agit là seulement d’un désir d’élargissement de notre champ d’action et d’être, et que cela ne changera pas grand-chose au monde tel que les humains le font avancer sur cette planète depuis des décennies. On peut penser que la compétition quasi-guerrière a encore de beaux jours devant elle.

Sauf que, lorsqu’on a cheminé dans les dimensions les plus subtiles de soi-même, on sait que quelque chose a changé. Ce quelque chose s’appelle la sensation d’amour et de gratitude, la sérénité, la fluidité, la paix, l’unité. Ce quelque chose nous transforme. Et c’est parce que cela nous transforme, que le monde peut, peu à peu, se transformer, en avançant lui aussi vers plus d’amour et de gratitude, de sérénité, de fluidité, de paix, d’unité. Même dans le monde des affaires, même dans le monde politique, comme dans l’ensemble de la société, c’est possible. C’est en cours.

La métamorphose est encore imperceptible mais elle est à l’œuvre, en ce moment même. Nous en sommes les artisans.

Inventer demain

« Ils se sont réunis un samedi matin 
pour inventer le monde de demain

Ils étaient femmes et hommes de bonne volonté
voulant réfléchir au sort de l’Humanité
et au temps de l’après 
où les libertés seraient préservées

Ils souhaitaient essaimer des conseils du futur
pour imaginer le monde dans sept fois sept ans
en passager du vaisseau terre
et non en propriétaire

Il fallait pour se mettre en chemin
se tenir debout dans le déséquilibre du marcheur
être assuré que 
de la voûte plantaire
ils atteindraient la voûte céleste
en passant par le courage du cœur
qui leur ferait pousser des ailes
animées par le souffle de l’Amour

Ils avaient appris à incarner 
le changement pour les autres souhaité

A l’invisible du visible éveillés
ils se reliaient et écoutaient 
les forces du Mystère

Ils savaient qu’il faudrait
regarder le passé lucidement
dissoudre les peurs 
inscrites dans la mémoire de la mémoire
ne pas entretenir les colères stériles

L’à venir était cet inconnu
caché à découvrir

Sur le cahier de route
ils écrivaient à l’encre indélébile 
prendre des risques
dire non
revendiquer l’Habeas corpus
inventer des actions pacifiques
relier les résistances résilientes 
et encore encore et encore …

Ils étaient 22 à prendre la route
ils seraient 22 fois 22
et plus encore

Ils construiraient le monde de l’après
un monde solidaire respectueux du vivant
un creuset où l’esprit pénètrerait la matière
pour forger l’Homme de demain. »

Brigitte Dury, le 10 mai 2020

***

Depuis 20 ans je participe à des groupes citoyens de partage et de réflexion, j’en anime, j’en initie parfois. 
Depuis 2,5 ans nous échangeons avec quelques amis, de manière informelle. Nous tentons ensemble de nous comprendre et de mieux comprendre l’histoire du monde d’aujourd’hui. 
Il y a quelques mois j’avais diffusé un texte écrit dans ce contexte « Douceur et politique : et si l’amour guidait nos pas ? », texte qui avait fait l’objet d’une réunion ouverte à un public plus large. 
Si je diffuse aujourd’hui ce poème ci-dessus, compte-rendu poétique de notre dernière rencontre (virtuelle bien sûr), c’est tout d’abord parce que je le trouve magnifique, porteur d’un souffle d’espoir et d’un mouvement confiant. Merci Brigitte.
C’est aussi parce que je crois que, dans cette période de transition vers des futurs à imaginer et à créer ensemble, nous gagnerons à partager, échanger, et cheminer ensemble, par petits groupes. Cela n’enlève rien à la nécessité et à la beauté du chemin personnel, mais cela peut le nourrir. Interaction entre le personnel et le collectif, le spirituel et le social. 
Ce type de groupes, libres, ne peut bien sûr fonctionner que sur la bienveillance, l’écoute, le respect. Un travail à faire ensemble, un apprentissage à la fois individuel et collectif. C’est pour moi un des clés de la force et de la fluidité des futurs que nous serons capables de faire émerger. 
Laurence